Hypatie et le Patriarche, Un Théâtre-Débat

La Compagnie des Sauvages propose un spectacle selon une nouvelle formule, que nous appelons « Théâtre-Débat ». Celui-ci se déroule en deux temps :

  • Trois quarts d’heure de théâtre : deux extraits d’une pièce qui figure au programme de la Compagnie, Hypatie d’Alexandrie, et qui raconte les circonstances de la mort violente de cette grande mathématicienne du Ve siècle après J.-C. ;
  • Trois quarts d’heure de débat animé par une conférencière.01

Un spectacle…

Hypatie d’Alexandrie n’est pas un personnage fictif. C’était une femme philosophe, la plus grande mathématicienne de son temps. Au Ve siècle après
J.-C., elle vivait et enseignait à Alexandrie, capitale d’Égypte et centre culturel de l’Empire romain. C’est l’époque où le christianisme, persécuté pendant des siècles, vient de s’imposer comme religion d’État de l’Empire romain ; l’Église s’installe au cœur même du pouvoir politique et cherche à éradiquer toute autre religion.

Hypatie devient une victime collatérale de la lutte pour le pouvoir, sauvagement assassinée par des intégristes chrétiens.

Comment en est-on arrivé là ? C’est ce que découvriront peu à peu les spectateurs lors de l’affrontement entre Hypatie et le patriarche d’Alexandrie, Cyrille, futur saint et Père de l’Église.

02Hypatie et le Patriarche est également un spectacle scientifique et ludique. Au centre du dispositif scénique, un grand puzzle géométrique intrigue les spectateurs invités à résoudre une énigme astronomique avec les seules connaissances mathématiques de l’époque : comment mesurer la circonférence de la Terre grâce au phare d’Alexandrie ? C’est ce qu’Hypatie démontrera avec brio, apportant ainsi la preuve que les mathématiques peuvent être passionnantes et un enjeu sociétal majeur !

… et des débats

L’Histoire ne donne pas de leçons (ça se saurait…) mais connaître ses racines permet de 03vivre le présent plus librement. Les conflits du passé ressemblent parfois étrangement à ceux du présent mais chaque époque doit trouver ses propres réponses. L’Histoire aide à penser le présent ; l’animatrice propose seulement de donner un éclairage historique et philosophique aux questionnements que peuvent soulever certains événements actuels.

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Hypatie et le Patriarche, Un Théâtre-Débat

Les équipes

L’équipe dHypatie d’Alexandrie

Jörg Bendrat : directeur artistique, auteur, metteur en scène, scénographe

Après 15 ans de carrière jalonnée de multiples étapes entre le théâtre de rue et le théâtre national, comme comédien, metteur en scène et dramaturge, Jörg Bendrat quitte l’Allemagne en 1986 et s’installe à Paris, puis à Lyon, où il travaille comme metteur en scène et/ou comédien avec plusieurs compagnies (Groupe Augusto Boal, Théâtre & Co, Carcara Product, Acacia Théâtre, Odyssée Arts, Excès Terra) avant de créer dans le Beaujolais la Compagnie des Sauvages. Marqué notamment par son travail avec Luc Bondy, Alfred Kirchner, Alessandro Marchetti et la claveciniste Ingrid Josuttis, il explore au fil des ans le théâtre classique et moderne (Shakespeare, Bruckner, Brecht…), mais aussi le mime, la commedia dell’arte, le théâtre forum, la comédie musicale ou le théâtre d’ombres.

 

Chantal Bendrat-Crost : rôle d’Hypatie

Après des débuts prometteurs à la fin des années 1960, Chantal Bendrat-Crost interrompt sa carrière de comédienne pour transmettre aux lycéens et aux étudiants sa passion de lettres classiques. Ce n’est que presque quarante ans plus tard, en 2009, qu’elle reprend service au sein de la Compagnie des Sauvages en jouant le rôle de Mme Le Rouge dans la Communication à une Académie. Ensuite, elle participe activement à l’élaboration d’Hypatie d’Alexandrie et créera le rôle d’Hypatie.

 

Stéphane Cavazzini : rôle d’Oreste

Tout en poursuivant ses études de psychologie (DESS en 1998), Stéphane Cavazzini débute le théâtre en 1989, intègre la compagnie Étincelles en 1993 et devient professionnel du spectacle en 1999. Il a travaillé l’improvisation dite « québécoise » avec les pionniers du « Match d’impro » en France (cofondateurs de la LIFI), la marionnette à fils (Cie Blin), le théâtre classique, contemporain et de rue, le théâtre forum (avec Augusto Boal), le clown… mais surtout la commedia dell’arte, aux côtés de Carlo Boso (compagnies Mystère Bouffe et Viva la Commedia) et en appréhendant diverses techniques (masque, chant, escrime artistique, pantomime).

Avec Jörg Bendrat, il a travaillé en 2008 dans La véritable Histoire du 8 décembre, spectacle de marionnettes translucides, et dans Ce que vous voudrez (adaptation de La Nuit des Rois de Shakespeare, rôle de Sébastien).

 

Nicolas Guépin : rôle de Cyrille

Après une formation professionnelle au CNR de St Maur des Fossés de 1998 à 2001, il s’engage en tant que comédien durant deux ans auprès du Théâtre des Deux Rives. De retour à Lyon, il crée ses premières mises en scène avec la compagnie Kapibara, écrit aussi deux one man show, continue à jouer et enseigne le théâtre dans plusieurs structures. Il collabore avec plusieurs compagnies lyonnaises comme Après le Déluge, Mac Guffin, l’Atelier du Désordre, E.T.C., le Carré 30 ou, encore, Broutille.

 

L’instigateur du projet :
Klaus Hoechsmann

Comme l’auteur, Klaus Hoechsmann est d’origine allemande. Né d’un père transylvanien en 1935, il émigre au Canada à l’âge de 17 ans où il gagne sa vie comme ouvrier, avant d’obtenir une bourse de l’État canadien lui permettant de faire des études de mathématiques jusqu’au doctorat. Rentré ensuite en Allemagne pour cinq ans, il y obtient son habilitation et devient finalement professeur à l’Université de Colombie Britannique à Vancouver, au Canada. De temps en temps, il profite d’une année sabbatique pour explorer d’autres horizons en dehors de sa spécialité et faire de nouvelles expériences qui enrichiront sa pratique de mathématicien et, au sein du PIMS (Pacific Institut for the Mathematical Sciences, associé au CNRS), de vulgarisateur. Et puis, comme un professeur émérite n’a pas encore mérité une retraite tranquille, il n’arrive pas à s’arrêter de réfléchir…

Genèse de la pièce

Insatisfait de sa première adaptation de l’histoire d’Hypatie, rédigée avec un metteur en scène américain et présentée à Vancouver devant un public de mathématiciens en 2000, Klaus Hoechsmann propose fin 2009 à Jörg Bendrat d’en écrire ensemble une autre. Ce dernier conçoit alors une version réduite à trois personnages, composée de sept scènes ; Klaus Hoechsmann apporte sa vaste connaissance de l’Antiquité et de ses philosophies, ainsi qu’un nouvel élément scénique : un puzzle géométrique qui sert à illustrer une méthode étonnante pour calculer le diamètre de la Terre, sur la base du savoir de l’Antiquité grecque.

Avec la collaboration de Chantal Bendrat-Crost, le projet d’écriture s’achèvera début 2014.


L’équipe de la Communication à une Académie

Jörg Bendrat
dans le rôle de Pierre Le Rouge

Chantal Crost
dans le rôle de Mme Le Rouge

Charo Lopez
Collaboration à la mise en scène

 

Charo Lopez, née à Melilla, port espagnol en Afrique du Nord, est metteur en scène, comédienne, danseuse de flamenco et chanteuse. Elle a travaillée avec La Sagrada Familia Cie dans On devrait tuer les vieux footballeurs et Race Blanche, dans La Solitude des Champs de Coton de Koltés et plus particulièrement sur un film fiction/documentaire Craponne Cow-boy.

Elle rejoint ensuite la Compagnie Théâtre en Marge pour les deux créations Ce soir on improvise de Pirandello et Le Médecin Malgré lui de Molière, puis La Compagnie du Pitre Blême – Hubert Barbier pour une pièce sans paroles Mu.

Elle collabore également avec Nadine Douriaud de la compagnie Quart Lune pour la pièce d’Hanouk Levin, Shitz.

Sa dernière création Bolèro, cabaret – comédie dramatique, elle l’a jouée et chantée pendant trois ans sur différentes scènes lyonnaises.

Les équipes

La véritable histoire du 8 décembre

Spectacle de marionnettes

Ecrit, mise en jeu et en image par Jörg Bendrat

 

La pièce

Sur un ton plutôt humoristique, la pièce raconte fidèlement l’histoire de la Fête des Lumières, depuis ses origines liées aux épidémies de peste du XVIIe siècle jusqu’à la construction de la basilique de Notre-Dame-de-Fourvière, en passant par la Révolution, l’essor de la production de soie et l’inauguration de la statue de la Vierge en 1852.

Cette histoire est présentée sous forme d’un récit accompagné de scènes muettes (la peste, la Vierge, les révolutions…) et rythmé par des scènes dialoguées (le vœu des échevins, Guignol et Gnafron, des bourgeois, le cardinal archevêque…).

Créé par Jörg Bendrat le 8 décembre 2005 avec le soutien de la Mairie du 1er arrondissement de Lyon, ce spectacle a été joué par Excès Terra Compagnie plus de 50 fois dans six arrondissements devant près de 6 000 spectateurs de tous âges.

 

Une technique orientale

Il s’agit d’un spectacle d’ombres multicolores accompagné d’une narration : sur un écran rétroéclairé de 180 cm de largeur et 100 cm de hauteur, apparaissent en couleur les ombres de marionnettes découpées dans des feuilles de plexiglas, coloriées avec de la peinture transparente et manipulées par derrière grâce à des baguettes. Cette technique s’inspire du théâtre d’ombres turc (« théâtre Karagöz ») et elle fait l’effet d’un dessin animé.

 

Extrait de texte

Narratrice :      En 1643, les Lyonnais n’en peuvent plus. En quinze ans, la peste a ravagé la ville déjà cinq fois. Les médecins sont impuissants. Dans ces conditions, les échevins – aujourd’hui on dirait : les Conseillers Municipaux – ne savent plus à quel saint se vouer.

Échevin 1 :      Bon, Messieurs, à quel saint va-t-on se vouer ?
Échevin 2 :      Moi, je suis pour Saint-Étienne parce qu’il a guéri une
foule de malades dès son vivant.
Échevin 3 :      Non, il est trop spécialisé sur la moelle, celui-là. Je
pense qu’il faut se vouer à Saint-André, car il connaît
toutes sortes de démons.
Échevin 2 :      N’importe quoi ! Mieux vaut encore se vouer à Saint-
Grégoire qui, lui, est un vrai spécialiste de la peste !
Échevin 4 :      Tout cela ne servira à rien. À mon avis, il ne faut se
vouer à aucun saint !
Échevin 3 :      Dites donc, vous ne seriez pas un peu protestant sur les
bords ?
Échevin 4 :      Il ne faut pas se vouer à un saint, mais à une sainte !
Échevin 1 :      Excusez-moi, cher confrère, mais il s’agit ici d’une
affaire par trop sérieuse pour la confier à une femme !
Échevin 4 :      Mais Messieurs, je ne parle pas de n’importe quelle
femme, soyons sérieux, je parle de la Vierge Marie !

La véritable histoire du 8 décembre

Communication à une Académie

Une comédie noire d’après Franz Kafka

Adaptée et mise en scène par Jörg Bendrat

Avec: Chantal Crost et Jörg Bendrat

Collaboration à la mise en scène: Charo Lopez

 

Une Académie scientifique a demandé à un ex-singe devenu homme, des informations sur la vie de son espèce, d’un point de vue intérieur. Celui-ci déclare être dans l’incapacité de fournir les renseignements demandés ; en revanche, il a des révélations (d)étonnantes à faire sur le chemin qu’il a emprunté pour devenir un être humain.

Dans cette fable écrite pendant la Grande Guerre, Franz Kafka s’interroge sur notre humanité avec un comique insoupçonné.

 

– Histoire du texte –

Le texte. En novembre 1917, alors que la Première Guerre mondiale bat son plein, la revue allemande Der Jude publie un récit de Franz Kafka, intitulé « Ein Bericht für eine Akademie » (« Rapport pour une Académie » ou « Communication à une Académie », selon les différents traducteurs).

Ce texte est une réponse à une demande de renseignements formulée par l’Académie sur la vie des singes. Et cette réponse est précisément une non-réponse, car, pour traverser le mur des espèces, cet ex-singe a dû abandonner jusqu’au moindre souvenir de son passé. Il peut en revanche éclaircir l’Académie sur les raisons qui l’ont amené à tenter cette traversée et sur les méthodes utilisées pour la réussir…

La Communication à une Académie fait partie du nombre restreint des textes que Kafka a publié de son vivant. Elle est conçue comme une lettre adressée par un ex-singe, devenu homme et nommé Pierre Le Rouge, à une Académie scientifique. Il en existe plusieurs traductions françaises plus ou moins connues, à commencer par celle d’Alexandre Vialatte.

 

Sa représentation au théâtre. Depuis la fin des années 40, la Communication à une Académie a été adaptée au théâtre à plusieurs reprises. C’est le comédien allemand Klaus Kammer qui a imposé le principe d’un personnage unique, monstre mi-homme, mi-singe, qui incarne tantôt le viol de la nature par la culture et tantôt souligne la part animale de l’être humain avec laquelle tout homme doit se concilier. En 1983, Vittorio Gassmann, grand comédien italien, semble avoir été le premier acteur connu à faire le choix de prendre Kafka au mot lorsqu’il fait dire à son personnage qu’il est devenu un homme comme les autres. Depuis, ce concept a fait son chemin et les adaptations françaises l’ont souvent adoptées. Dès 1982, me refusant à la théâtralisation du texte à l’aide d’études zoologiques et de grands moyens de maquillage, je suis parti de cette même idée, alors novatrice, et j‘ai introduit en même temps le personnage de Mme Le Rouge.

 

– Une satire politique

Ce conte a donné lieu aux interprétations les plus diverses. Selon certains, il s’agit d’une allégorie de l’assimilation, considérée comme vaine, du Juif à son peuple hôte. D’autres y voient un plaidoyer pour la double nature de l’homme, à la fois corps et esprit, nature et culture, principes qu’il faut concilier et non pas opposer ; d’autres encore le considèrent comme un pamphlet accusant le viol de la nature par la civilisation.

 

À notre avis, tout comme avec Dans la colonie pénitentiaire, Franz Kafka, qui observait attentivement la vie sociale et politique, réagit avec la Communication à une Académie à la barbarie de la Grande Guerre. Ce texte serait alors une critique radicale, empreinte de l’humour noir propre à cet auteur, de la civilisation européenne. Les horreurs de la guerre des tranchées révèlent que la culture ancienne et affinée des grandes nations européennes n’est qu’une mince couche de vernis sous laquelle se cache une cruauté d’autant plus terrible qu’elle est considérée comme justifiée et qu’elle s’exerce contre les plus faibles (en l’occurrence, un animal).

 


– Notes sur la mise en scène –

 

La mise en scène révèle un monde étrange, où l’on voit évoluer deux personnages d’apparence humaine, mais un peu décalés par rapport au monde des hommes. L’un parle, l’autre est muet. De plus, grâce à une astuce relevant du “ théâtre invisible ”, les limites qui séparent la réalité quotidienne du public (en l’occurrence, celle d’une soirée de théâtre) de celle des personnages sur scène sont légèrement confondues, pour mieux entraîner les spectateurs dans le monde de Kafka.

 

Le comique du spectacle relève d’abord du texte. S’il est tout à fait possible d’en faire une lecture tragique, son ironie est suffisamment évidente pour être mise en valeur sans astuces particulières au niveau de la mise en scène.

 

Pour donner une forme théâtrale au rôle primordial que joue l’alcool dans la métamorphose du singe en homme, nous avons choisi de présenter Pierre Le Rouge comme un personnage devenu alcoolique. De plus, comme il tente de dissimuler son alcoolisme, on peut parfois se demander si c’est le personnage ou alors… le comédien qui se saoule sur scène. Les spectateurs, en essayant de faire la part entre ce qui relève du théâtre ou de la réalité, entrent encore plus dans le monde étrange de Kafka.

 

Il y a trois personnages : Pierre Le Rouge, ex-singe et intervenant invité par une académie scientifique, Mme Le Rouge, « une petite chimpanzée à demi  éduquée» qui l’accompagne dans ses déplacements, et l’académie scientifique, représentée par l’ensemble des spectateurs.

– L’équipe artistique –

Adaptation d’après Franz Kafka: Jörg Bendrat

Mise en scène: Jörg Bendrat

Collaboration à la mise en scène: Charo Lopez

Avec

Pierre Le Rouge, artiste de cabaret: Jörg Bendrat

Mme Le Rouge, son épouse: Chantal Crost

Fiche technique

 

Le spectacle peut être présenté dans un théâtre (sans décor, devant un fond de scène noir ou neutre) ou dans une salle de conférence de tout genre (en utilisant les équipements présents : pupitre, table, chaise, microphone…). Seule condition, le passage de la salle à la scène doit être facile.

Il n’y a pas d’effets de lumière, l’éclairage sera celui qu’on utiliserait pour n’importe quelle conférence. Par conséquent, la salle reste éclairée. Aucun changement d’éclairage n’est prévu pendant le spectacle.
Communication à une Académie